Les guerres du climat, contre-enquête sur un mythe moderne

par Bruno Tertrais aux Ed. du CNRS

Jeudi 10 novembre 2016, par Jean-Yves Martin // Apocalypse No !

Devant l’ampleur des préoccupations liées au réchauffement de la planète, les stratèges s’intéressent de plus en plus aux conséquences sécuritaires du changement climatique. Des think tanks reconnus publient des études alarmistes sur le sujet. Des ouvrages supposés sérieux évoquent la perspective de futures « guerres du climat ». Un consultant spécialisé n’hésite pas à prédire qu’une augmentation de cinq degrés de la température planétaire moyenne provoquerait un « bain de sang ». L’économiste Nicholas Stern - l’auteur du fameux « rapport Stern » sur les conséquences à long terme du changement climatique (2006) - estime même qu’il y aurait un risque de « guerre mondiale de grande ampleur » si une telle augmentation de la température se produisait. Ce n’est pas tout. L’avènement des « guerres pour l’eau » est annoncé. Et des hordes de « réfugiés climatiques » déferleront bientôt, fuyant leurs terres rendues inhabitables par l’assèchement des sols ou la montée des eaux.
Or, comme on va le voir, il y a tout lieu d’être extrêmement circonspect face à de telles prévisions catastrophistes. L’Histoire nous montre que les périodes « chaudes » sont les plus pacifiques. À l’époque moderne, les évolutions climatiques ne sont pas un facteur essentiel pour expliquer le déclenchement des conflits. Et rien n’indique que des « guerres pour l’eau » ou un déferlement de « réfugiés climatiques » se profilent à l’horizon.

P.-S.

Lire l’article de Bruno Tertrais, Maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et chercheur associé au CNRS, dans la prestigieuse revue Politique Internationale n°132.
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