Climat ? "Le vrai, le faux et l’incertain"

par Jean-Claude Pont

Vendredi 10 août 2018, par Jean-Yves Martin // Apocalypse No !

Tout ce qu’il faut savoir du climat est-il acquis, de manière sûre et définitive ? Certains le pensent. C’est fort de cette certitude qu’ils tentent des prédictions climatiques jusqu’à cent ans. Or aucun scientifique ne devrait sérieusement prétendre réaliser une telle prouesse. D’abord à cause du peu de recul dont nous disposons sur les variations climatiques et les multiples éléments qui les influencent, masses d’aire, circulation atmosphérique, cycles solaires... Ensuite à cause de la complexité même de l’objet. Le climat montre de grandes tendances répétitives selon des cycles (les saisons, El Nino, les glaciations par exemple), avec, au final, une organisation chaotique qui multiplie les interactions imprévisibles à plus long terme, sauf à confondre totalement météo et climat.

Des questions essentielles demeurent. Des scientifiques continuent à les poser. Parmi eux, le mathématicien suisse Jean-Claude Pont. Originaire du Valais, en Suisse, il a été professeur d’histoire et de philosophie des sciences à l’Université de Genève. Il a aussi créé le Chemin des planètes et l’Observatoire François-Xavier Bagnoud à Saint-Luc. Il est guide de haute-montagne. Il vient de publier en 2017 : « Le vrai, le faux et l’incertain dans les thèses du réchauffement climatique ».*

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Pour lui le CO2 n’explique pas la montée de la température du globe. Il est convaincu « que les milieux de la climatologie officielle (celle du GIEC) nous mènent en bateau et que la psychose planétaire instaurée ne se justifie pas ». « C’est ce que j’ai voulu démontrer dans mon livre », souligne-t-il. On y apprend, par exemple, que le film d’Al Gore (« Une vérité qui dérange, 2005 ») a depuis fait l’objet d’une plainte en Grande-Bretagne. Que le juge, reconnaissant que ce documentaire contenait au moins 18 erreurs graves et des fabrications de faits, a donné raison au plaignant. »

Le réchauffement du climat, sa ou ses causes, ses bienfaits ou ses inconvénients, l’interventionnisme climatique, demeurent objets de débats et de controverses. Le seul fait de le dire peut choquer, mais dit l’auteur « nous sommes très nombreux à contester les thèses officielles, alors que ces milieux parlent d’un consensus des scientifiques. J’appartiens par exemple au comité d’une association française de "climatosceptiques". Elle compte un millier de sympathisants, pour la plupart des scientifiques. » Cette Association des climato-réalistes est présidée par Benoît Rittaud, qui signe la préface du livre (en voir le texte ci-dessous).

La publication prochaine, au mois d’octobre 2018, de la “synthèse pour décideurs” du 6ème rapport du GIEC sur le changement climatique, sera assurément l’occasion, pour la plupart des médias naturellement inclinés à alimenter un certain catastrophisme climatique, de publier des manchettes à sensation. Nombre de politiciens impliqués dans les politiques climatiques (N.Hulot, S.Royal en France) vont surenchérir , créant un… climat politique conduisant à ajouter de nouvelles taxes et de nouvelles contraintes régulièrement votées par les parlements, justifiées par la “nécessaire lutte contre le changement climatique” et les émissions de CO2.
Pourtant, une lecture attentive de la bibliographie disponible à ce sujet (p.227-230) « montre qu’au delà de ses incohérences, les incertitudes demeurent sur les changements climatiques, leur importance, et leur caractère anthropogénique. »

Préface

Bien des scientifiques adhèrent à la thèse d’un réchauffement climatique d’origine humaine sans avoir vraiment réfléchi à la question, se contentant de se fier à leurs collègues climatologues ou aux médias institutionnels qui leur rabâchent inlassablement l’histoire de notre culpabilité collective. On ne leur jettera pas la pierre : personne n’a le temps de s’occuper de tout, et il est normal de devoir, sur bien des sujets, se fier à ceux qui nous semblent représenter une autorité légitime.

Il arrive pourtant, pour des raisons le plus souvent accidentelles, que les scientifiques éprouvent le désir d’en savoir davantage sur cette prétendue catastrophe climatique à venir. La faiblesse des éléments qui légitiment la peur régnante leur apparaît alors en général très vite : l’édifice sur lequel repose la théorie carbocentriste d’une prochaine catastrophe climatique d’origine humaine est si fissuré que ses failles apparaissent béantes quel que soit l’angle sous lequel on le regarde.

Devant la découverte individuelle de ce "malaise dans la science", certains scientifiques choisissent de taire leurs doutes. Leurs motivations peuvent être de trois ordres. Le premier est celui des raisons légitimes, notamment sous une forme de prudence ou d’humilité face à ce qui apparaît comme un consensus d’experts plus compétents. Le second recouvre les justifications que l’on qualifiera de compréhensibles, telles que la crainte de devoir subir l’opprobre des collègues et de la société en défendant une opinion impie. Le troisième est la zone d’ombre des raisons idéologiques plus ou moins avouables, fondées sur l’idée que, vraie ou fausse, la théorie d’un réchauffement climatique d’origine humaine serait de toute façon légitime en tant que vecteur efficace d’une transformation politique et sociale.

Et puis il y a ceux qui choisissent de mettre la science au-dessus des considérations partisanes. Ceux qui n’acceptent pas l’instrumentalisation politique et la loi du silence. Ceux qui estiment avec raison être dotés du minimum d’esprit critique nécessaire et des compétences intellectuelles qui permettent de refuser de se plier à l’argument d’autorité. Ceux-là portent en étendard la si belle devise de la Royal Society britannique : Nullius in verba. Ne jamais croire sur parole, n’asseoir sa conviction que sur l’expérience et l’analyse. Telle a été la démarche de Jean-Claude Pont, qui est l’un de ces trop rares scientifiques à s’être saisi de sa liberté de réfléchir. Telle est la démarche qui doit être encouragée pour permettre à la science de se libérer des errements actuels, qui pourraient bien finir par la mettre en péril.

Benoît Rittaud, Université de Paris-13
Président de l’Association des climato-réalistes.

Sommaire

  • Le GIEC
  • La complexité scientifique des problèmes de la climatologie
  • L’histoire du climat à partir des travaux de Le Roy Ladurie
  • Les glaciers et la climatologie
  • Le GIEC et ses méthodes
  • Exemples de dérapages médiatiques
  • L’argument du consensus des scientifiques : mensonges
  • Le GIEC, ses casseroles et ses dérapages
  • Sur les aspects sociétaux de la saga climatologique

*Jean-Claude Pont, 2017 : Le vrai, le faux et l’incertain dans les thèses du réchauffement climatique, Calligraphy, Sierre, CH.

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P.-S.

Ce livre n’est pas diffusé en France. Pour le commander auprès de l’auteur :

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