"Sauve qui peut la ville"

Etudes lefevbriennes

Samedi 28 mai 2011, par Jean-Yves Martin // Henri Lefebvre

S’adressant à un large public - spécialistes ou non - les auteurs s’interrogent sur notre actuel "droit à la ville", le combat contre les aliénations, pour une réappropriation de l’humain, contre la ghettoïsation, la segmentation de l’espace scolaire, pour un pouvoir plus collectif. Tout un programme qui ne reste pas dans les seules "idéalités" et intéressera tant les acteurs sociaux que les urbanistes et éducateurs de terrain, soucieux de réhabiter et de réhabiliter l’espace (4ème de couverture).

Dir. Hugues Lethierry, préface de Andy Merrifield, avant-propos de Alain Bihr, aux Editions L’Harmattan, Collections Logiques sociales, en 2011.

- Les auteurs :

  • G. Busquet, université Paris X
  • A. Cazetien, maire honoraire de Mourenx (64)
  • L. Costes, université d’Evry
  • D. Lesage, dessinateur
  • H. Lethierry, université Lyon 1 (IUFM)
  • J.-Y. Martin, agrégé, docteur en géographie et élu local
  • A. Mutuale, université Paris 8
  • A. Querrien, urbaniste
  • C. Revol, doctorante Lyon 3
  • S. Sangla, docteur en philosophie

- Sommaire :

  • PREMIÈRE PARTIE : Les mots de la ville
    • L’espace
    • Rythmes
    • L’Urbain
    • La ville
  • DEUXIÈME PARTIE : Une autre ville pour une autre vie
    • Le territoire d’Henri Lefebvre
    • H. Lefebvre modernité urbaine et exploration des possibles
    • Droit à la ville et planétarisation de l’urbain
    • Fragments d’une totalité
    • Un analyste de la société urbaine
    • Les “conditions” du maire de Mourenx
  • TROISIÈME PARTIE : Ségrégation dans l’espace éducatif
    • Une rupture dans la vie
    • La ghettoïsation dans l’espace urbain et scolaire
  • CONCLUSION : “Certains naissent de façon posthume”

Extraits de la préface de Andy Merrifield

« Dans cette publication, les autres études rejoignent Lethierry dans l’action, essayant ensemble de mettre en pratique les vérités lefebvriennes. Ils ont ensemble essayé de déposer le moment lefebvrien pour se battre aujourd’hui, lorsque c’est le plus nécessaire, lorsque c’est le plus urgent. Plutôt que de simples interprètes de Lefebvre, ici nous avons des tentatives de dépasser Lefebvre et se dépasser soi-même et le monde, un monde qui a désespérément besoin de changement. Comme le livre l’affirme : « il s’agit ici de dialoguer avec Henri Lefebvre, de prendre notre parole, impulsée par la sienne, pour penser l’agir non seulement comme action mais aussi comme décision ; c’est-à-dire expression du mouvement intérieur de la liberté dans le quoi faire ». (…)

« Comme le livre le montre clairement, les concepts de Lefebvre sont pratiquement vivants, prêts à être "exploités" pratiquement, à l’école, dans le voisinage, la vie quotidienne, prêts à "éclater" (un des termes favoris de Lefebvre) dans les rues. Par-dessus tout ils sont prêts à remplir la vie intellectuelle qui paralyse la France d’aujourd’hui. Comme les banlieues suburbaines en lutte contre la coercition, et comme la "racaille" résidente demande son "droit à la ville", l’urbanisme de Lefebvre tranchant avec le morne consensus. Comme la longue marche néo-libérale à travers le globe continue, les propos lefebvriens sur l’Etat et sur la production de l’espace ne semblent jamais plus vrais. Comme le pouvoir devient plus centralisé dans les mains de quelques décentralisateurs, les idées de l’autogestion conquièrent le cœur et l’imagination de ceux qui cherchent quelque chose d’autre, une autre signification à leur vie, une autre sorte de praxis, d’autogestion de leur quartier, un autre système d’éducation dans lequel ils se sentiraient agissant. » (…)

« Ensemble, nous les lefebvriens francophones ou autre chose (nous sommes tous lefebvriens ?) nous pouvons apprendre à faire quelque chose de significatif aujourd’hui, quelque chose de nécessaire politiquement, de même que le vieil homme fit avec les contradictions formelles de l’hégélianisme hier. (…) Nous devons faire ce pari nous-mêmes, poursuivre La Somme et le reste, nous devons continuer à examiner "la somme" de ce qu’a réalisé Lefebvre en même temps comme pionnier du chemin pour le "reste", pour l’inaccompli, pour l’aspect encore inédit de cet héritage. Le livre nous fait franchir un pas important le long de cette route politique. » (…)

Andy Merrifield, Université de São Paulo