Le Ciel ne va pas nous tomber sur la tête !

Vendredi 10 décembre 2010, par Jean-Yves Martin // Apocalypse No !

15 grands scientifiques géographes nous rassurent sur notre avenir. Un livre de la Société de Géographie, sous la direction de Sylvie Brunel et Jean-Robert Pitte

Depuis longtemps, les géographes contestent le catastrophisme qui s’appuie sur les constats et prédictions de certains savants, souvent enfermés dans leur spécialité et refusant d’admettre la réalité de l’évolution de la planète. Ils ne nient pas les changements environnementaux qui se produisent en ce moment, en particulier dans le domaine climatique, ni la part de responsabilité qui revient aux sociétés humaines en la matière. Ils constatent en revanche que la rapidité des progrès techniques donne beaucoup plus de moyens aux hommes de s’adapter aux évolutions naturelles ou anthropiques en cours et d’en tirer profit, d’enrayer certaines de leurs conséquences fâcheuses et de restaurer des dégradations que l’on qualifie trop rapidement d’irréversibles. Attachés aux faits, ils constatent que la population de la planète atteindra bientôt les 7 milliards, vivant plus longtemps et dans de meilleures conditions que les 3 milliards d’il y a 40 ans.

Extraits de l’avant-propos : Regarder le monde en géographe

Face aux craintes multiples qui assaillent nos contemporains, nous tentons dans cet essai collectif de faire entendre la voix des géographes français. Il ne s’agit pas pour nous de contester les transformations de notre environnement, ni d’affirmer que tout va pour le mieux sur une terre qui serait devenue le meilleur des mondes. Nous sommes bien conscients des souffrances qu’endurent les centaines de millions, voire des milliards d’hommes livrés aux aléas d’un environnement face auquel ils sont désarmés, qui sont mal nourris, mal soignés, illettrés ou peu instruits, soumis à l’iniquité, à la violence, à la mauvaise gouvernance des pays où ils vivent. Tout cela, nous le savons et nous l’étudions avec attention, non pas en chambre, mais sur le terrain, au contact étroit des sociétés dont nous partageons pour un temps les conditions de vie.

Les géographes ne veulent pas réduire l’être humain à une vision purement écologique, qui le rétrograderait au rang d’une espèce vivante parmi les autres. Pour eux, l’environnement, c’est le cadre de vie des sociétés humaines, un cadre de vie qui rejaillit sur leurs mode d’utilisation de l’espace, mais aussi un cadre de vie qui les façonnent en retour. Nous créons notre propre environnement.

Si le développement durable est un concept fondé, une ambition visant à refonder nos modes de fonctionnement et notre relation au monde, il doit être décliné avec un regard de géographe, qui sache faire la part des choses sans céder, ni à la religion d’une Planète sanctifiée, ni à la tentation facile du déni. De la juste compréhension de la complexité du réel naît la diversité des solutions possibles. C’est tout l’enjeu de ce livre

Voici quelques thèmes qui sont abordés, chacun par un(e) géographe.
-  Maîtriser les risques environnementaux, Yvette Veyret, Université de Paris X-Nanterre.
-  Que faut-il penser du réchauffement climatique ? Martine Tabeaud, Panthéon-Sorbonne.
-  Les océans sont-ils déréglés (niveau des eaux, pollutions, richesses halieutiques, etc) ? Alain Miossec, Recteur de l’Académie de Rennes.
-  Va-t-on manquer d’eau douce ? Loïc Fauchon, Président du Conseil Mondial de l’Eau.
-  La biodiversité est-elle en péril ? Georges Rossi, Université Michel de Montaigne, Bordeaux.
-  Une bonne forêt est-elle une forêt bien exploitée ? Paul Arnould, ENS Lyon.
-  7 milliards d’hommes : la terre est-elle surpeuplée ou vieillissante ? Gérard-François Dumont, Paris-Sorbonne.
-  Peut-on nourrir correctement la multitude humaine ? Les défis du développement, Sylvie Brunel, Paris-Sorbonne.
-  Pour une vision optimiste de la croissance, Frédéric Teulon, directeur de la recherche à l’IPAG…

Broché : 353 pages
Éditeur : JC Lattès (1 septembre 2010)