36 textes et documents sur l’histoire de Savenay

de 1450 à 1945

Lundi 1er janvier 2001, par Jean-Yves Martin // Histoire

Un recueil de 36 documents d’histoire locale, sélectionnés, présentés et annotés, publié en janvier 2001 et mis en ligne intégralement sur Internet en août 2005.
La publication contient : les 36 textes et documents issus de recherches dans les archives départementales et municipales, des textes essentiels et d’autres plus anecdotiques mais toujours significatifs (voir la liste ci-dessous) - un avant-propos - une liste des documents - une chronologie générale - et des notices bibliographiques sur les divers ouvrages d’histoire locale concernant Savenay.
Elle se proposait de répondre aussi bien à l’attente des lecteurs et lectrices curieux d’histoire, qu’aux besoins de son enseignement à travers l’étude du cas de Savenay.

Pour accéder à la liste et à chacun des 36 documents : http://www.jy-martin.fr/EX/website.hebergement.lycos.fr/www.jy-martin.fr/article4c55.html?id_article=96

On parle assez volontiers aujourd’hui de "devoir de mémoire". N’y a-t-il pas là surtout l’affirmation d’un droit légitime à l’histoire ? A vrai dire, que ce soit la grande Histoire, ou l’histoire dite "locale", la quête du patrimoine et le droit à la mémoire, tout cela procède, en fait, d’une seule et même problématique qui est - si l’on en croit le philosophe Paul Ricœur - celle de la représentation du passé.
" Je reste troublé , écrit-il, par l’inquiétant spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs, pour ne rien dire de l’influence des commémorations et des abus de mémoire - et d’oubli. L’idée d’une politique de la juste mémoire est à cet égard un de mes thèmes civiques avoués ", affirme-t-il [1]. Vive, donc, l’histoire citoyenne !

Lorsqu’il a été publié en 2001, ce petit recueil de textes et documents sur l’histoire de Savenay - désormais mis en ligne sur ce weblog - était cependant l’aboutissement d’un projet vieux d’au moins 15 ans.
Lorsqu’en 1978, revenant dans mon département d’origine suite à une mutation professionnelle, j’ai été nommé professeur d’histoire et géographie au lycée Jacques Prévert de Savenay, je n’ai pas tardé - pour faire la classe - à rechercher des textes et documents d’histoire locale. Dans cette patiente quête de documents d’histoire, il faut la passion du collectionneur. On garde toujours l’espoir de découvrir dans les dossiers et cartons d’archives la perle rare : ce texte court et clair, à la fois simple mais riche, qui pourra utilement faire l’objet d’une utilisation en cours. Aussi, la plupart des 36 documents publiés ici ont-ils d’abord fait - au gré des classes et de quelques changements de programmes - l’objet d’une étude en classe. Certains élèves s’en souviendront peut-être.
Ce travail s’est également traduit, pendant un temps, dans le Club d’Histoire locale du Foyer Socio-Educatif du Lycée, au milieu des années 80. Mené avec les élèves de l’époque et quelques anciens élèves de l’Ecole Primaire Supérieure, avant que le Lycée Jacques Prévert n’en occupe les magnifiques bâtiments républicains inaugurés en 1912 (voir doc.32), il a bénéficié de la collaboration active de Madame Hussenot [2] et s’est concrétisé sous la forme de la publication, en 1985-1986, de deux brochures sur l’histoire du lycée : "Au temps de l’Ecole Primaire Supérieure" et "De l’Ecole Primaire Supérieure au Collège Moderne" [3].
Depuis, j’ai constamment poursuivi cette démarche dans un cadre associatif, avec mes amis nazairiens de l’AREMORS (Association de Recherches et d’Etudes du Mouvement Ouvrier de Saint-Nazaire). De la même manière, j’aurais souhaité que la présente publication, concernant plus spécialement Savenay, voit également le jour dans un cadre associatif local . Mais, pour des raisons indépendantes de ma volonté, cela n’a malheureusement pas été possible et je le regrette [4].

36 documents d’histoire locale : choisis, présentés et annotés

La formule d’un recueil de textes et documents d’histoire n’est certes pas nouvelle [5]. Ce qu’il y a peut-être d’un peu particulier ici, c’est qu’elle ne s’applique volontairement qu’à des documents historiques portant sur la seule localité de Savenay. Mais il n’y a pas lieu, cependant, d’opposer pour autant la grande Histoire nationale et la petite histoire locale. Car il n’existe - surtout pas - d’un côté, la fascinante, mais absconse, science historique qui ne serait que l’affaire des spécialistes, des professionnels de la recherche et/ou de l’enseignement, réservée à une étroite élite coupée des réalités vécues et, de l’autre, une humble histoire locale, traditionnellement pratiquée par des érudit(e)s et publicistes locaux - par exemple, curés et retraité(e)s - en bref ceux qui disposent du temps nécessaire pour collectionner les anecdotes et établir des chroniques d’une portée et d’un intérêt étroitement localisés. Si l’on y prend garde, une telle coupure peut rapidement conduire à un « esprit de clocher » qui peut s’avérer discriminatoire. Il faut, au contraire, œuvrer à jeter des ponts entre les deux et tenter, dans toute la mesure du possible, de les rapprocher. C’est ce que nous nous efforçons, quant à nous, de faire ici.
Au fond, un tel recueil de textes et documents d’histoire locale va au devant de diverses attentes actuelles. Elles tiennent soit à la simple curiosité citoyenne, soit aux besoins d’un enseignement de l’histoire faisant lui-même de plus en plus référence à l’éducation de la citoyenneté. Mais il n’y a cependant pas d’écart infranchissable entre elles. Ces deux visées se rejoignent et devraient d’ailleurs reposer sur les mêmes principes.
L’histoire citoyenne ne peut évidemment plus se satisfaire de l’histoire magistrale - pré-élaborée et émise par les seul(e)s professionnel(le)s - telle qu’on a pu la connaître par le passé. L’enseignement de l’histoire exige désormais l’utilisation de documents d’histoire locale tels que ceux qui sont publiés ici. Les « études de cas » officiellement préconisées et encouragées ne peuvent donc ignorer ou négliger l’exemple le plus proche : celui de la commune de résidence et/ou d’enseignement. Cette approche implique donc, plus que jamais, le retour aux sources, aux archives locales, en même temps qu’un recours plus que jamais nécessaire à l’esprit critique, qui n’est ici qu’une forme particulière de l’esprit scientifique. On doit dès lors distinguer et combiner trois dimensions.

- 1 - Un texte ou document d’histoire est d’abord porteur de faits. Il doit permettre de répondre - au moins en partie - à ces questions simples, toujours les mêmes : qui ? où ? quand ? comment ? pourquoi ? Ce questionnement traditionnel - et implicite face à tout texte historique - permet d’abord, pour commencer, d’en dégager des éléments factuels précis et spécifiques. Leur accumulation progressive, et leur recoupement à partir de plusieurs sources sur un même événement, établissent peu à peu une base événementielle plus assurée, qui est la matière même de la connaissance historique.

- 2 - Mais ce n’est pas tout. Au-delà des faits spécifiques, dans le discours émis par tout document historique on trouve - explicitement ou implicitement - un certain nombre de mots-clés, plus exactement de notions, qui, elles, sont plus générales et non pas spécifiques au cas étudié. Au contraire, elles sont même largement transposables d’un cas à un autre. C’est pourquoi aussi, il est dès lors possible d’établir des rapprochements et des liens entre plusieurs documents. Elles constituent ainsi, de proche en proche, un réseau conceptuel, qui est formé par la mise en relation des catégories générales indispensables à toute pensée historienne. Elles sont ainsi la base et la matière de toute réflexion critique un tant soit peu élaborée sur les faits historiques. Une bonne connaissance et la maîtrise de ces notions sont nécessaires non seulement à la pratique historienne, mais également à l’implication citoyenne.

- 3 - Enfin - last but not least - tout document est nécessairement marqué par une certaine manière de poser et de traiter le sujet dont il parle. C’est, au final, cette problématique - toujours à dégager et à expliciter - qui constitue l’apport essentiel du document en question. Cependant, toutes les problématiques ne se valent pas. Elles doivent, elles aussi, faire l’objet d’une évaluation et d’une appréciation critiques. Les critères n’en sont évidemment pas ceux de la stricte conformité à une opinion personnelle, mais plutôt ceux - pour telle ou telle problématisation - de sa capacité d’intégration d’un éventail plus large des faits, et de son niveau de pertinence conceptuelle par rapport à l’interprétation historiographique des événements étudiés.

A l’issue de ce petit détour théorique, on parvient ainsi, tout simplement, à la conviction suivante : l’histoire n’est pas ou plus seulement l’attrait superficiel et gratuit pour l’anecdote passéiste. Si elle est bien davantage une réflexion critique sur les faits du passé, c’est bien davantage pour contibuer à construire et à conforter une démarche citoyenne, qui soit aussi applicable au présent.

- 36 documents : c’est à la fois peu et beaucoup. C’est peu si on se réfère aux cinq siècles d’histoire qu’ils sont censés couvrir. Mais - encore une fois - il ne peut y avoir ici une prétention exhaustive. Et c’est sans doute bien assez, en ces temps qui sont plus ceux du zapping médiatique que de la lecture patiente de textes qui ne sont pas tous d’un abord simple. Le choix n’a guère été facile. S’il y avait bien quelques « incontournables », tels que le testament de Jean de Châteaugiron, le cahier de doléances de 1789, la lettre du curé Monlien et le discours de la Libération (doc.35), pour tous les autres il a fallu essayer de trouver la bonne dose entre les textes simplement évocateurs de la vie quotidienne locale, sans négliger pour autant ceux qui sont aussi l’expression d’enjeux plus généraux et fondamentaux.

C’est aussi pourquoi il convenait de « présenter » ces documents. Chaque fois que nécessaire, il s’agit donc - en quelques phrases introductives - de contextualiser le document local pour le situer dans une perspective historique plus large. Non pas que les faits locaux ne soient que l’illustration de ce qui se passe vraiment ailleurs, mais parce que les évènements savenaisiens ne peuvent, la plupart du temps, se comprendre qu’à la lumière d’un contexte et d’enjeux plus généraux qui exigent d’être ainsi rappelés et précisés.

LISTE DES DOCUMENTS

Moyen-Âge et Ancien Régime

- 1. : 1450 - Testament de Jean de Châteaugiron, curé de Savenay (14 mars 1450).
- 2. : 1462 - Aveu féodal du Baron de la Roche en Savenay (9 novembre 1462).
- 3. : 1597 - Disette et vie chère à Savenay au XVIème siècle.
- 4. : 1729 - Un aveu féodal du 4 mai 1729.
- 5. : 1757 - La vie rurale à Savenay au XVIIIème siècle : un Arrêt du Parlement de Bretagne (8 juin 1757).
- 6. : 1776 - Lettre royale de Commission concernant l’Office de Sénéchal à Savenay.
- 7. : XVIIIème siècle : Mercuriales du prix des céréales sur le marché de Savenay.

Période révolutionnaire

- 8. : 1789 - Cahiers de Doléances du Tiers-Etat de la Paroisse de Savenay.
- 9. : 1791 - Une lettre du curé constitutionnel de Savenay, Mr Monlien.
- 10. : 1793 - Rapport du citoyen Audubon sur l’état du District de Savenay.
- 11. : 1793 - L’insurrection de mars 1793 : Rapport du District de Savenay.
- 12. : An IV, 9 vendémiaire - Courrier des administrateurs du District de Savenay.

XIXème Siècle

- 13. : XIXème siècle - La population savenaisienne au XIXème siècle.
- 14. : 1816 - Ralliement à la Seconde Restauration à Savenay.
- 15. : 1816 - Arrêté municipal de police concernant les Auberges.
- 16. : 1828 - Admission des enfants de familles pauvres à l’école communale.
- 17. : 1832 - Mesures contre l’épidémie de choléra à Savenay.
- 18. : 1837 - Second Projet de reconstruction de l’église Saint-Martin.
- 19. : 1844 - Arrêté municipal concernant la lutte contre les incendies.
- 20. : 1848 et 1852 - Approbations des changements politiques nationaux.
- 21. : 1848 - Demande de rectification de la Route nationale n°165
- 22. : 1852 - Arrêté de Police concernant les Courses de chevaux.
- 23. : 1855 - Installation et prestation de Serment du Conseil Municipal.
- 24. : 1855 - Arrêté concernant « la grève des ouvriers et les mesures à prendre en ces circonstances ».
- 25. : 1865 - Un premier bilan de la maison d’école de garçons
- 26. : 1864 - Préparation de la Fête de l’Empereur Napoléon III à Savenay.
- 27. : 1866 - Règlement du service des sapeurs-pompiers de Savenay.
- 28. : 1868 - 1er Conseil municipal houleux après le transfert de la Sous-préfecture de Savenay à Saint-Nazaire.
- 29. : 1896 - Recensement de la population de Savenay.

XXème Siècle

- 30. : 1902 et 1905 - Arrêtés du Maire concernant les nomades et la vitesse des véhicules.
- 31. : 1912 - La querelle des bornes-fontaines publiques.
- 32. : 1913-1914 - Rapport sur l’Ecole Primaire Supérieure, par Mr Tanquerey.
- 33. : 1917 - Le « rêve américain » du Maire de Savenay.
- 34. : 1944 - Lettre du Président de la Délégation Spéciale à la Kommandantur allemande.
- 35. : 1945 - Savenay dans la Poche de Saint-Nazaire.
- 36. : 1945 - La Libération : discours de Mr Menand.

Références BNF : Documents d’histoire locale de Savenay, de 1450 à 1945, 36 documents historiques sélectionnés, présentés, commentés et annotés.
Savenay 2001
Impr. IDA 95 p. ; 29 cm, Bibliogr. p. 93-95
N°ISBN : 2- 9516302- 0- 4 - EAN : 9782951630208 - Dépôt Légal : janvier 2001